Et c'est ce que les Cassiopéens voulaient que je raconte : l'histoire complète, qui incluait les transcriptions mais aussi les dynamiques entre des individus qui tentaient de diffuser des informations "en grande partie exactes", devait être racontée "telle qu'elle se passait". Ainsi en vins-je à écrire la série de *L'Onde*. Et on peut vraiment dire que les choses tournèrent au vinaigre. Mais je vais un peu trop vite. Revenons en arrière et suivons plusieurs trames dont il nous faudra discuter avant d'en arriver aux événements qui menèrent à la rédaction de cet exercice de récapitulation que constitue L'Onde.
Comme le savent ceux qui ont lu Amazing Grace, le livre se conclut plus ou moins au moment où les Cs font leur apparition. J'avais l'intention de continuer mon récit dans deux autres tomes ; le deuxième devait couvrir la période des premières transcriptions cassiopéennes, jusqu'à l'entrée en scène d'Ark. Cette période ne dure que deux ans, mais elle fut marquée par tant de leçons et d'expériences apparement déclenchées par le contact cassiopéen, en conformité avec une sorte de plan ou de mission destinée, qu'il faudrait un tome entier pour la raconter dans son intégralité. Jan disait souvent en plaisantant qu'elle devait élever le niveau du bizarromètre chaque jour, étant donné les événements vraiment étranges qui surgissaient dans les vies de tous ceux qui participaient au projet. Le troisième tome devait inclure nos nombreuses expériences, recherches et découvertes depuis la venue d'Ark. Mais là aussi, il faudrait un volume entier pour tout raconter !
Puisque les circonstances actuelles évoquent les attaques que nous avons subies auparavant - et représentent une montée en puissance de ces dernières - je vais essayer de couvrir cette période rapidment et brièvement, en incluant des liens vers d'autres pages où certains de ces incidents ont déjà été évoqués.
Les échanges avec les Cs rappellent beaucoup l'interaction entre Néo et l'Oracle faiseuse de cookies. Il semble que, très souvent, afin de non seulement préserver le libre arbitre, mais aussi de contourner les activités du Système de Contrôle, de nombreuses stratégies doivent être mises au point - un processus aussi amusant et intéressant que la double et la triple psychologie inversée d'un film d'espionnage. En fait, ce pourrait être le plus grand film d'espionnage jamais réalisé, parce qu'il agit sur plusieurs niveaux de densités, s'étend sur des années dans le passé et le futur et implique très certainement des boucles temporelles, des modifications dans le programme, et tout un tas de manoeuvre amusantes destinées à tromper et à leurrer les chercheurs de Graal les plus perspicaces !
Quoi qu'il en soit, je vais reprendre les choses là où je les ai laissées à la fin d'*Amazing Grace*. Lors du deuxième contact cassiopéen, l'échange suivant eut lieu :
22/07/94
Q : (L) Qu’est-ce qui cause les changements terrestres ?
R : Changements dans les ondes électromagnétiques.
Q : (L) Pouvez-vous préciser ?
R : Brèche dans l’afflux du champ héliographique.
Q : (L) Je ne comprends pas.
R : Mets Frank sur le processeur channel ouvert.
Q : (L) Vous voulez dire que Frank peut canaliser sur ordinateur ?
R : Oui. Fais-le maintenant.
Mes recherches et expériences m’ayant appris à quel point il était facile de récupérer et de corrompre les informations obtenues par channeling, je ne considérais pas cette suggestion comme viable. En fait, je la reconnus comme l’une des premières tentatives de corruption. Pour prouver mon hypothèse, nous mîmes la suggestion donnée en pratique, et il n’en ressortit que des absurdités. À la lumière de tout ce qui s’est passé depuis, ma conclusion selon laquelle c’était une tentative de faire dérailler le processus s’est avérée correcte. Un peu plus tard au cours de la même séance, il y eut une nouvelle tentative :
Q : (L) C’est quoi, ce Conseil Zindar ?
R : Mission d’échangeurs à deux cycles.
Q : Qu’est-ce que ça veut dire ?
R : Références vastes. Utilise Laura channel ordinateur.
Le channeling direct par ordinateur était à nouveau suggéré, mais cette fois, la remarque s’adressait à moi en particulier. Mais je ne m’en laissai pas compter. Certes, j’avais obtenu des résultats incroyables en utilisant les informations que j’avais reçues [3] sur la Métamorphose cosmique, lesquelles avaient mené aux recherches qui avaient abouti à l’écrite du Noah syndrome, mais je savais qu’il me fallait des informations encore plus poussées, plus précises, et que le développement du circuit de l’inconscient qui permettait d’atteindre une telle profondeur exigeait du temps, des efforts et une montée en puissance. La « question Frank » en elle-même était évidemment intéressante. L’observant depuis quelque temps déjà, je savais que Frank était figé dans son développement émotionnel. En disant cela, je ne prétends pas jouer aux
psychothérapeutes, et la description que je donne de son profil psychologique dans Amazing Grace est en grande partie fondée sur ses propres descriptions et affirmations. Une affirmation qui revenait sans cesse chez lui était que sa naissance était une erreur et qu’il n’appartenait vraiment pas à ce monde parce que, très concrètement, il était trop sensible et spirituel. Il lui était impossible d’avoir des relations normales avec les autres pour la simple raison qu’ils ne le « comprenaient pas ». Et la raison pour laquelle ils ne le comprenaient était qu’il était « spirituel » et que l’humanité en général ne l’était pas. Ou en tout cas, pas suffisamment spirituelle pour apprécier sa spiritualité. Il lui était impossible d’avoir un « vrai travail » parce qu’il était « trop sensible » et qu’il ne supportait pas la pression. Il était injuste de la part de la populace sale et débraillée – des gens totalement dépourvus de spiritualité qui ne comprenaient rien à sa nature spirituellement supérieure – d’exiger de lui qu’il travaille. Ses parents l’avaient horriblement maltraité enfant (d’après lui), et il passait des heures interminables à décrire par le menu combien il les méprisait pour ce qu’ils lui avaient fait, tout cela parce qu’ils étaient incapables de reconnaître sa spiritualité supérieure. Naturellement, j’étais touchée par toutes les peines et souffrances qu’il me décrivait, et j’étais déterminée à lui donner une chance d’exprimer la seule chose pour laquelle il prétendait être bon : le channeling. Comme il le répétait encore et encore, c’était la seule chose qu’il pouvait faire, qu’il voulait faire, qui le faisait se sentir bien, et qui ne semblait pas nécessiter de grand effort de sa part. Car en fin de compte, c’était l’effort qu’il ne supportait pas. Cela nécessitait des efforts de s’entendre avec d’autres gens. Cela nécessitait des efforts d’exercer un emploi. Cela nécessitait des efforts de comprendre que les parents font généralement de leur mieux avec les connaissances qu’ils ont, et d’être capable d’ajuster sa propre réflexion pour ne pas éprouver une telle colère envers eux du fait que, souvent, ils nous blessent inconsciemment. Comme je l’ai écrit dans Amazing Grace, il est peu vraisemblable que ma propre mère se réveille jamais et se rende compte à quel point ses propres actions et réactions émotionnelles ont pu blesser les autres, moi y compris. Mais je ne suis pas en colère contre elle, je continue d’entretenir des relations avec elle, et si elle avait un besoin que je puisse satisfaire, je le ferais sans hésitation. Mais tout travail demande des efforts. Et il ne semblait pas y avoir la moindre aspiration chez Frank à faire des efforts dirigés vers l’extérieur. Il n’avait jamais eu de petite amie, il ‘n’avait jamais de rendez-vous galant (il prétendait n’avoir eu qu’une seule expérience sexuelle qui l’avait tellement dégoûté qu’il s’était juré de ne plus jamais en avoir) ; il avait très peu d’amis, et sa principale activité en dehors de son job dans le télémarketing, qu’il occupait depuis l’épisode du détournement de fonds, était de regarder le foot à la télévision.
Je pensais que le fait d’être accepté pour ce qu’il était permettrait à Frank de s’épanouir en tant qu’être humain. Je lui suggérais sans cesse d’avoir une vie sociale plus active, de se réinscrire à l’université, ou bien de se mettre à l’écriture (puisqu’il avait une excellente maîtrise du langage). Il réagissait à toutes ces suggestions par : « Tu ne comprends vraiment pas ! Je ne peux rien faire de tout ça ! », suivi d’un monologue sur la nature supérieure de sa spiritualité et sur le fait qu’être un être spirituel hautement évolué le rendait incapable d’échanger normalement avec les êtres humains ordinaires. Un jour, je lui demandai s’il pensait qu’il fallait définir un être spirituel hautement évolué comme quelqu’un qui aurait maîtrisé les leçons de ce niveau-ci. Il répondit oui, avec hésitation. Je lui demandai alors comment un être qui avait maîtrisé ces leçons pouvait s’avérer incapable de gérer la vie quotidienne « les doigts dans le nez ». Il me semblait qu’un diplômé de l’université ne devrait avoir aucun problème à réciter l’alphabet, et que même si cela était ennuyeux, cela ne devrait certainement pas être une source de stress pour lui. Il ne sut quoi répondre. Encore plus perturbante était sa vision de l’humanité en général. Il n’avait que du mépris pour les humains qui n’étaient pas aussi spirituels que lui. Ce qui évidemment nous ramenait à son affirmation selon laquelle sa naissance était une erreur, et bien sûr à l’idée que cette erreur pouvait facilement être corrigée par le suicide. J’en étais évidemment horrifiée, et dépensai toute mon énergie et des centaines, voire des milliers d’heures à le dissuader de faire un tel geste. Je ne réalisais pas à l’époque que c’était juste un moyen de me vider de mes forces vitales. La question du suicide mena à une série d’échanges au cours desquels je demandai à Frank s’il pensait vraiment que sa naissance était une erreur. Si tel était le cas, comment expliquer le processus ? Il me décrivit une « réminiscence psychique », le souvenir d’une voix dure qui lui commandait : « Va-t’en ! », et un doigt qui se tendait et l’éjectait de force loin des délices des niveaux supérieurs d’existence éthérique, pour le faire s’incarner dans son présent corps. Je ne dis rien à l’époque, mais cette image était très troublante pour nombre de raisons, notamment celle-ci : quel genre d’être supérieur agirait ainsi, éjecterait une âme innocente d’un monde de béatitude pour la forcer à s’incarner ? En bref, je voyais Frank comme une âme appelant à l’aide, et je serais celle qui l’aiderait. Le projet de channeling serait pour moi le tremplin qui me permettrait d’y arriver. Notre rencontre avait été marquée par nombre de synchronicités, ce que j’interprétais naturellement comme un signe positif. Le deuxième prénom de Frank était « Grant », le prénom de mon premier petit ami. Je balayais juste le fait que ce petit ami avait causé bien des tourments et de la destruction dans ma vie. (Il se trouve que l’« amie » de ce premier petit ami qui m’avait causé tant de peine avait pour nom de famille « Bridges », même si c’était son nom d’épouse. Un autre indice que j’ignorais, dans ma tendance à accorder le bénéfice du doute aux gens. Ceux d’entre vous qui ont lu Amazing Grace verront tout de suite de quoi je parle). Pour moi, la première chose à faire était de s’occuper du problème des enlèvements, puisque Frank parlait sans cesse de ses enlèvements par les aliens et du fait que ses parents n’y avaient jamais cru et donc n’avaient pas su le protéger. Je ne voyais sincèrement pas comment on pouvait blâmer n’importe quel parent pour cela, puisque notre culture ne considère absolument pas les phénomènes liés aux OVNIs comme une réalité. Il faut noter que Frank se souvenait consciemment de nombre de ses enlèvements. Dans mon propre cas, même s’il existe des preuves indirectes de possibles enlèvements, je n’en avais absolument aucun souvenir conscient, et à ce jour, il m’est impossible d’affirmer avoir jamais vu aucun alien à l’état conscient ; ce genre de visons ne s’est produite qu’à l’état de rêve, ou dans des états qu’on pourrait qualifier d’hypnagogiques ou hypnopompiques. Cela étant dit, laissez-moi ajouter que je ne souscris en rien à l’opinion selon laquelle parce que ce genre de choses peuvent être expliquées ainsi qu’elles doivent obligatoirement l’être. Trop de preuves indiquent qu’il se passe des choses vraiment étranges. Le tout est de faire preuve de circonspection lorsqu’on mène ce genre de recherches. Bref, il me paraissait naturel d’aborder la question des enlèvements de Frank auprès des Cassiopéens. Nous leur demandâmes combien de fois chacun d’entre nous avait été enlevé et reçûmes des réponses différentes à diverses occasions. (Je considérais ces différences comme une preuve de tentative de corruption des informations). La première fois que nous posâmes la question, leur réponse fut :
Il semble que, comme nous l'enseignent les grands maîtres, le moment de l'initiation véritable est tout sauf un moment d'illumination. L'initiation, ce n'est pas quelqu'un qui vient nous montrer la réalité. Ce n'est pas voir l'univers comme Un. L'initiation c'est voir le soi comme un menteur qui se nourrit des autres. C'est mesurer le soi à l'aune de la vérité. C'est voir que le Prédateur se nourrit du soi, et que le soi se nourrit des autres et propage l'infection à tous ceux qu'il prétend aimer et qu'il veut aider. L'initiation n'est pas un glorieux déversement de vie, d'amour et de larmes face à la beauté et l'unicité du monde.
C'est la terreur à l'état pur.
C'est la descente aux Enfers, la descente chamanique dans le monde souterrain, pour lutter contre les démons. C'est le démembrement du corps, le décollement de la chair, le dépouillement jusqu'à l'os, suivis de la reconstruction du soi sur une autre fondation – une fondation de vérité spirituelle.
Si je pouvais vous faire comprendre cet Enfer, cette sensation, ce test solitaire au cours duquel l'âme est pesée, par le soi, finalement et complètement, et vue par ce qu'elle a vraiment fait, vous verriez à quel point la vérité nous fait défaut, en raison de toutes les croyances inculquées et promulguées par la Matrice, et soigneusement entretenues par nos émotions et par les tromperies du prédateur interne qui nous convainc que nous sommes "bons" et "purs", que tout est "Un".
Effectivement, on voit qu'il y a bien une "unité", mais on voit aussi que l'aspect de Dieu qui est vécu à ce niveau de réalité est la gueule noire et béante du SDS qui aspire et dévore tout. On voit que le véritable Amour n'est guère manifesté – ou si peu – à ce niveau d'être. On voit que toutes nos illusions sur la bonté, la vérité et la beauté sont des mensonges. Ce sont des masques dissimulant la prédation.
Et cette initiation, est si horrifiante que peu y survivent.